Lundi matin, 7h45. Un de tes techniciens t’appelle depuis le chantier: il vient d’apprendre que l’application enregistre sa position, et il veut savoir si c’est légal. Toi tu sais que ça l’est, sauf que tu n’as aucun document sous la main pour le prouver, et à cet instant précis un choix technique parfaitement sensé se transforme en problème juridique.
L’information sur la géolocalisation des salariés n’a rien d’une option. C’est une obligation posée par le RGPD, articles 13 et 14, noir sur blanc. Dès que tu utilises une application avec GPS pour le pointage, le suivi des interventions ou la gestion des chantiers, tu dois remettre un document écrit à chaque salarié. Avant de mettre le système en route, pas une fois que quelqu’un se plaint.
Ce que dit la CNIL sur la géolocalisation des salariés
La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés s’est prononcée à plusieurs reprises sur la géolocalisation des salariés via smartphone. Le point central tient en une phrase: l’employeur peut collecter des données de position, mais uniquement si c’est proportionné, transparent et limité au strict nécessaire. En pratique, cela veut dire trois choses. D’abord, pas de traçage permanent, la position se relève au début et à la fin du service, pas toutes les cinq minutes. Ensuite, le salarié doit savoir exactement ce qui est collecté, pourquoi, pendant combien de temps et qui y aura accès. Enfin, ces données ne peuvent pas servir à des finalités autres que celles annoncées.
Si un PDF à remplir reste du papier qui vieillit dans un tiroir, essaie quatorze jours avec l’information générée et signée automatiquement.
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Tout cela doit être mis par écrit, et c’est précisément le rôle de la notice d’information: la formaliser. Sans ce document, même un dispositif parfaitement légitime devient contestable, et le jour où l’inspection du travail ou la CNIL frappe à la porte, la première pièce qu’on te réclame, c’est justement celle-là.
Les 7 mentions obligatoires de l’information GPS
Le RGPD ne laisse aucune marge d’interprétation sur le contenu de la notice. L’article 13 énumère les informations que le responsable de traitement est tenu de communiquer, et pour la géolocalisation des salariés cela se traduit par sept points concrets.
Premièrement, l’identité du responsable de traitement, c’est-à-dire toi en tant qu’entreprise, avec toutes tes coordonnées. Deuxièmement, les coordonnées du DPO (délégué à la protection des données) si tu en as désigné un. Troisièmement, les finalités précises du traitement, autrement dit pourquoi tu collectes la position GPS: “pour les besoins de l’entreprise” ne suffit pas, il faut être exact, pointage, gestion des chantiers, vérification des interventions, chaque finalité doit être déclarée. Quatrièmement, la base légale, qui pour la plupart des PME repose sur l’intérêt légitime de l’employeur, mais qui doit être motivée. Cinquièmement, les destinataires des données, qui y aura accès, prestataires cloud compris. Sixièmement, la durée de conservation, sachant que la CNIL rappelle le principe de minimisation, la donnée n’est gardée que le temps strictement nécessaire à la finalité. Septièmement, les droits du salarié: accès, rectification, effacement, limitation, opposition, portabilité, réclamation auprès de la CNIL.
Ça paraît long. En réalité, avec un modèle bien structuré, c’est un document de deux pages. Voyons comment le rédiger.
Modèle d’information géolocalisation salariés, version 2026
Ce que tu trouves ci-dessous est un modèle complet, aligné sur les recommandations de la CNIL et conforme au RGPD. Adapte-le à ton entreprise en remplaçant les champs entre crochets.
NOTICE D’INFORMATION SUR LE TRAITEMENT DES DONNÉES PERSONNELLES
Géolocalisation via appareil mobile professionnel
au titre des articles 13 et 14 du Règlement UE 2016/679 (RGPD)
Responsable de traitement: [Raison sociale], dont le siège est situé [adresse], numéro SIRET [numéro], représentée par son représentant légal [nom prénom]. Contact: [email/téléphone].
Délégué à la protection des données (DPO): [Nom prénom / société externe], joignable à l’adresse [email DPO]. (Indiquer “non désigné” lorsque la désignation n’est pas obligatoire au regard de la taille de l’entreprise.)
Finalités du traitement: Les données de géolocalisation sont collectées exclusivement pour: (a) le pointage des présences à l’arrivée et au départ des sites de travail, (b) la vérification de la réalisation des interventions chez les clients, (c) la gestion opérationnelle des chantiers et des affectations sur le terrain. Les données de position sont acquises uniquement au moment du pointage (début et fin de service ou d’intervention), et non de façon continue.
Base légale: Le traitement repose sur l’intérêt légitime du responsable de traitement (article 6, paragraphe 1, point f, du RGPD) à la bonne organisation du travail et à la protection du patrimoine de l’entreprise, ainsi que sur l’exécution du contrat de travail (article 6, paragraphe 1, point b, du RGPD). La mise en balance des intérêts a été menée en tenant compte des recommandations de la CNIL en matière de contrôle de l’activité des salariés.
Données traitées: Coordonnées GPS (latitude, longitude) au moment du pointage, date et heure, identifiant de l’appareil, identifiant de l’opérateur.






