Dans le secteur de la surveillance et de la sécurité privée, la contestation post-vacation est devenue l’un des défis opérationnels les plus fréquents et les plus silencieux. Il ne s’agit pas de grands scandales ou de litiges retentissants : il s’agit d’un phénomène quotidien qui érode les marges, complique les relations avec les clients et crée des tensions internes entre les entreprises de surveillance et leur personnel. En 2025, ce phénomène a connu une croissance significative, et les projections pour 2026 ne sont pas encourageantes.
Les contestations post-vacation dans le secteur de la sécurité privée ont une caractéristique particulière par rapport à d’autres secteurs : elles concernent des événements qui se produisent dans des lieux et des horaires souvent non surveillés par le client, comme les rondes nocturnes, les contrôles de périmètre et les interventions d’urgence. Cela signifie que la parole de l’agent est la seule source d’information, et quand le client conteste, la parole ne suffit pas.
Les données recueillies par les associations professionnelles du secteur indiquent une augmentation de 31 % des contestations post-vacation en France entre 2024 et 2025. La cause principale n’est pas la mauvaise foi des clients, mais l’évolution des exigences contractuelles : les cahiers des charges sont plus détaillés, les pénalités automatiques plus fréquentes, et la tolérance pour les anomalies non documentées est proche de zéro.
Parmi les contestations relevées, 45 % concernent la non-exécution de rondes programmées, 28 % des retards dans la prise de poste, et 18 % l’absence de documentation photographique lors d’incidents ou d’anomalies constatées. Les 9 % restants sont liés à des litiges sur les heures effectivement travaillées.
Une entreprise de surveillance du nord de la France, appelons-la Beta Sécurité par discrétion, gérait la sécurité d’un centre commercial avec des rondes toutes les deux heures, de 22h à 6h. Le client a contesté un mois entier de service, affirmant que les rondes de 2h et 4h du matin n’avaient pas été effectuées pendant deux semaines.
L’entreprise avait les registres de vacation remplis, mais les agents effectuaient les rondes dans des zones non couvertes par les caméras du client. Les registres papier, remplis à la main en fin de vacation, n’avaient aucune valeur probante. Le client a retenu 40 % de la facture mensuelle : 4 200 € perdus sans possibilité de récupération.





