Imaginez : vous êtes responsable RH d’une PME de propreté à Lyon. 42 agents, 18 sites, trois services par jour. Jusqu’ici, vos équipes signalent leur présence par téléphone à la régulation, avec les habituelles lacunes et contestations en fin de mois.
Votre directeur général propose une application avec géofencing : l’agent pointe automatiquement à l’entrée du site client, et pointe à la sortie. Propre, précis, sécurisé pour la facturation. Cela semble la solution idéale. Sauf, est-ce vraiment légal en France ?
La réponse courte est : oui, mais sous conditions précises que le droit du travail français et le RGPD posent conjointement. Qui ignore ces conditions risque non seulement les sanctions de la CNIL, mais aussi des contentieux prud’homaux et des atteintes à l’image, précisément dans des secteurs où le personnel est déjà rare.
Géolocalisation au travail en sécurité juridique, et plus de productivité
GeoTapp Flow combine géofencing conforme RGPD et paramètres de confidentialité finement réglables. Mise en service en 24 h, modèle d’information CSE inclus.
Géofencing : ce que la technologie fait vraiment
Un géofence est un périmètre géographique virtuel autour d’un lieu physique, typiquement un bâtiment client, un chantier, un site à nettoyer. L’application du salarié détecte automatiquement quand le terminal entre ou sort de ce périmètre, et déclenche une action : pointage, notification push, comptabilisation automatique des heures.
Ce qui semble être de la simple technologie GPS a des implications juridiques importantes, car le salarié est surveillé en continu et de façon imperceptible, même si l’événement de suivi proprement dit ne se déclenche qu’à certains points. L’évaluation juridique ne repose pas sur la quantité de données, mais sur la possibilité intrinsèque de surveillance.
Code du travail : L1121-1, L2312-38 et le principe de proportionnalité
L’art. L1121-1 du Code du travail français est le point de départ obligatoire. Il dispose que nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. Traduit : le suivi GPS d’un salarié doit être à la fois nécessaire et proportionné.
L’art. L2312-38 ajoute l’obligation d’information et de consultation du Comité Social et Économique (CSE) avant la mise en œuvre de tout moyen ou technique permettant le contrôle de l’activité des salariés. Sans consultation préalable du CSE, l’utilisation des données collectées est inopposable au salarié : on ne peut s’en servir devant les prud’hommes, on ne peut s’en servir pour des sanctions disciplinaires.
La jurisprudence de la Cour de cassation chambre sociale a confirmé à plusieurs reprises que la sanction disciplinaire fondée sur des données issues d’un dispositif non déclaré au CSE est irrecevable, indépendamment de la matérialité des faits reprochés.
RGPD art. 6 et art. 9 : les règles européennes
Les données de localisation sont des données personnelles au sens de l’art. 4.1 RGPD. Leur traitement nécessite une base légale. Dans le cadre du travail, l’art. 6.1.b (exécution du contrat) ou l’art. 6.1.f (intérêt légitime) s’appliquent typiquement, tous deux complétés par l’art. 88 RGPD et les dispositions françaises (Code du travail, Loi Informatique et Libertés).
Important : les données de géofencing ne doivent jamais servir à construire un profil de mouvements permanent. La CNIL a tranché à plusieurs reprises que l’enregistrement de “l’instant du pointage” est admis, mais la mémorisation du “trajet entre deux pointages” non, sans base légale distincte.






