Vous cherchez une application pour surveiller ce que font vos salariés. Quelqu’un vous oriente vers Hubstaff. Vous arrivez sur leur site et vous voyez une promesse de transparence totale : captures d’écran aléatoires du salarié, suivi des applications et sites visités, score d’activité basé sur les mouvements de souris et clavier, GPS pour le personnel terrain, planification des tournées. Cela ressemble au rêve de tout manager qui ne sait pas vraiment ce que fait son équipe. Puis vous parlez à votre DPO et il prononce une phrase qui vous glace : “en France on ne peut pas faire ça, pas comme ça”. C’est à ce moment que vous réalisez qu’entre “je veux savoir ce qu’ils font” et “j’ai le droit de le savoir comme je veux” il y a une distance que le droit français mesure avec des sanctions concrètes.
Hubstaff est un produit sérieux. Ils sont américains basés à Indianapolis, déclarent plus de 95 000 entreprises clientes, existent depuis 2012, intègrent avec à peu près tout. Leur problème n’est pas la qualité du logiciel, c’est le positionnement. Hubstaff est un outil de surveillance des employés né pour le marché américain, où la culture du travail et le cadre légal autorisent beaucoup de pratiques qu’en France le RGPD, le Code du travail et la doctrine CNIL encadrent strictement. Introduire Hubstaff dans une PME française sans médiation attentive signifie s’exposer à des risques juridiques concrets. C’est ce que je veux clarifier ici.
Cartes sur table : je suis le fondateur de GeoTapp, donc n’attendez pas un article neutre. Ce que je peux vous promettre : je n’inventerai rien sur Hubstaff (je citerai seulement les données officielles de leur site) et je vous dirai honnêtement dans quels cas ils font votre travail mieux que moi. Surtout, j’expliquerai pourquoi dans beaucoup de contextes français Hubstaff n’est pas le bon outil, et pourquoi GeoTapp a délibérément choisi une autre voie.
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Ouvrir l’essaiCe que font les deux applications (chevauchement apparent)
Hubstaff et GeoTapp sont toutes deux des applications B2B pour suivre les heures de travail et l’activité des salariés. Les deux enregistrent les présences GPS, gèrent du personnel distribué sur plusieurs sites, exportent des rapports pour la paie. Les deux ont des applications mobiles et un tableau de bord centralisé pour la direction.
Le chevauchement n’est qu’apparent. Hubstaff est un produit de surveillance des employés : ce que le salarié fait minute par minute, à la fois au bureau (captures d’écran, applications, souris, clavier) et hors site (GPS, itinéraires, geofencing). GeoTapp est un produit de certification du travail : ce que le salarié a accompli sur un site spécifique, d’une manière vérifiable par le client. Deux philosophies de produit profondément différentes. L’une contrôle, l’autre documente.
Là où Hubstaff est plus fort
Hubstaff offre une profondeur de surveillance que peu de concurrents égalent. Pour qui gère des équipes remote travaillant sur ordinateur et a besoin de savoir sur quoi elles travaillent à chaque instant, le pack est complet : captures d’écran configurables en fréquence, suivi des URL et applications, score d’activité basé sur les mouvements de souris et clavier, pointage par projet et client. Pour les agences avec freelances remote facturant à l’heure, ou pour les call centers voulant mesurer la productivité de manière tayloriste, Hubstaff fournit des données riches.
Côté field service, ils ont construit tout ce qu’on attend : pointage GPS, geofencing pour pointage automatique à l’entrée/sortie d’une zone, planification d’itinéraires pour optimiser les tournées, intégration paie multidevises (utile pour payer des freelances dans le monde). Les intégrations sont nombreuses : ClickUp, Asana, Trello, Jira, Slack, QuickBooks, FreshBooks et plus. Via Zapier vous atteignez des milliers d’autres applications.
Le produit est mature : douze ans de développement, base utilisateurs déclarée de plus de quatre-vingt-quinze mille entreprises, support technique stable. Pour qui choisit en pesant la solidité du fournisseur global, Hubstaff est un nom rassurant.
Là où GeoTapp est différent (et dans certains cas plus adapté au contexte français)
La différence entre Hubstaff et GeoTapp n’est pas une différence de fonctionnalités, c’est une différence philosophique. Hubstaff part de l’hypothèse que l’employeur a le droit et le besoin de savoir ce que fait le salarié à chaque instant. GeoTapp part d’une autre hypothèse : l’employeur a besoin d’une preuve que le travail a été accompli, pas d’un contrôle minute par minute sur la façon dont il a été exécuté. Deux positions éthiques différentes, et en France elles ont des conséquences juridiques différentes.
Le Code du travail français à l’article L1121-1 pose le principe de proportionnalité entre les restrictions aux droits des salariés et le but recherché. L’article L1222-4 impose l’information préalable du salarié sur tout dispositif de collecte de données le concernant. Le RGPD article 5 et 6 exige une base légale documentée et une finalité claire. La CNIL a publié des doctrines précises sur la surveillance au travail, exigeant proportionnalité, transparence, consultation du CSE (Comité Social et Économique) avant déploiement quand l’entreprise en a un, et limitation de la collecte au strict nécessaire. Des outils qui capturent des captures d’écran aléatoires, surveillent chaque site web ouvert par le salarié, ou tracent les mouvements de souris dépassent la proportionnalité dans la plupart des cas et ont fait l’objet de sanctions CNIL ces dernières années. GeoTapp est conçu dès l’origine pour respecter ce cadre : il enregistre seulement l’événement d’ouverture et clôture de l’intervention, la position GPS à ces deux moments, des photos optionnelles du travail terminé, et produit un rapport scellé. Pas de captures d’écran, pas de tracking souris, pas de surveillance applications. Un design délibéré pour être conforme RGPD sans configuration acrobatique.

